Les stratégies horizon 2013 et lignes d'actions



Développer une stratégie différenciée dans l’environnement compétitif

La stratégie touristique demain jouera plus encore sur les créneaux de la diversification, de la montée en gamme et de l’exploitation de toute la diversité des richesses naturelles et patrimoniales.

La Corse, après une réflexion très large issue des conférences régionales sur le tourisme tenues en 2003 à l’initiative de l’Agence du Tourisme, a délibérément opté pour un positionnement différencié dans la compétition que se livrent les destinations. Il convient de conforter ce positionnement éco-touristique de destination « mer-montagne » dont l’offre réceptive reste à dimension humaine et de caractère. A cet égard le caractère identitaire de la destination s’appuyant sur les spécificités culturelles de l’île s’inscrit comme valeur différenciatrice positive. Le propos consiste à opter pour un développement qualitatif et de valeurs ajoutées plutôt que de s’attacher aux simples quantités.

La Corse accueille aujourd’hui en pointe saisonnière environ 330.000 séjours. L’objectif à terme consiste à ne pas augmenter la pointe mais étaler l’activité dans le temps, et cet étalement dans le temps ne peut se concevoir qu’en donnant des contenus de séjours hors saison.

A cet égard, il parait nécessaire que la Corse devienne une destination golfique, qu’elle ait une offre de qualité dans les équipements de remise en forme et bien-être., qu’elle soit plus performante dans son offre liée au tourisme d’affaires et de congrès. Il est nécessaire par ailleurs de moderniser et développer les ports de plaisances, organiser les mouillages, de structurer les activités de pleine nature mais aussi de développer le tourisme urbain dans les principales villes.

Enfin, il convient de développer l’offre de l’île en hôtels de catégorie supérieure car il n’est pas envisageable de rester avec un tel déséquilibre, d’autant que l’on fait le pari de la qualité plutôt que la quantité.

Ces axes principaux supposent un préalable qui consiste à intégrer la dynamique de développement durable pour être en cohérence avec le positionnement de la destination loin du tout tourisme ou du tourisme de masse pour préférer un tourisme de niche multi-spécialiste.

Le développement des offres actuelles et de nouvelles offres innovantes devra tenir compte de cette stratégie différenciée et se dessiner en parfaite cohérence avec le positionnement compétitif de la destination.

L’ensemble du tourisme devra s’inscrire dans les exigences de la marque destination Qualité Corse portée par la région.

Développer le réceptif de l’île

Les nouvelles capacités réceptives devront prioritairement favoriser :

Les zones où la pression touristique le permet et où les infrastructures publiques sont suffisamment calibrées pour les accueillir évitant les coûts collectifs additionnels.

Les hébergements où les lacunes de l’offre sont patentes, correspondent aux évolutions de marchés et sont attractives toute l’année. Cela consiste à prioriser notamment les hébergements hôteliers de qualité de niveau international et de capacité suffisante pour accéder entre autres aux marchés du tourisme d’affaires.

Les hébergements qui portent des démarches « Qualité Corse », intègrent les dynamiques de développement durable, entrent dans des labels reconnus et favorisent les bonnes pratiques.

Les hébergements de qualité permettant de fixer les séjours dans l’intérieur de l’île avec une mention particulière pour les projets de charme réhabilitant le patrimoine bâti.

Les investissements dans les hébergements de nature à favoriser un étalement dans le temps de leur activité notamment en matière de bien-être, santé et de tourisme d’affaires.

Les lignes d’actions

Le développement touristique, dans le respect des principes visés plus haut, devra impérativement satisfaire à un objectif de compétitivité dans le cadre d’un développement touristique durable viable tout au long de l’année.

Dans ce contexte, la politique touristique s’inscrira dans cinq lignes d’actions prioritaires dans l’optique de aire de la Corse une destination éco touristique exemplaire en Méditerranée autour d’une marque identitaire « Qualité Corse » :

Améliorer l’offre d’hébergement touristique dans toute la gamme et développer de nouvelles offres compétitives au niveau international avec pour objectif de poursuivre l’étalement de l’activité dans le temps comme dans l’espace.

Développer les équipements structurants de loisirs de nature à attirer un public hors saison d’été à forte valeur ajoutée. A cet égard la Corse aurait tout à gagner à devenir une destination golfique dès lors qu’elle disposerait de 5 à 6 parcours internationaux répartis sur le territoire. De la même manière, les potentialités de l’île en tourisme d’affaires mériteraient des équipements de séminaires et congrès adéquats dans les principales cités de Corse. Ainsi, en terme d’équipements, Bastia et Calvi pourraient rejoindre Ajaccio et son Palais des Congrès, Porto-Vecchio avec son centre culturel et quelques aménagements à prévoir, et Corte avec ses infrastructures universitaires pour présenter une offre complète sur le territoire. Dans un registre complémentaire, une attention particulière devra être apportée aux projets structurants basés sur les ressources en eau aux fins de produits de bien être et remise en forme qui correspond à une tendance lourde de l’évolution de la demande :

Valoriser le patrimoine naturel et culturel de l’île en intégrant les valeurs identitaires avec une véritable mise en tourisme de sites aux fins d’offre attractive structurée et génératrice de flux économiques et d’emplois irriguant le territoire.

Développer les filières de tourisme actif en montagne et du nautisme dans la mesure où ces filières offrent de réelles opportunités de contenu d’offres touristiques en toute saison et en conséquence prévoir les aménagements nécessaires au développement de ces activités sur les sites. Le plan nautique de la Corse prévoit d’augmenter la capacité des ports de plaisance de l’ordre de 2 000 anneaux supplémentaires et d’organiser 1 000 mouillages forains en respectant à la fois la protection des sites et intégrant les dynamiques environnementales de ports propres et accueillants.

Enfin, conforter la territorialisation des politiques touristiques d’accueil, d’information et de développement au sein de pôles calqués sur l’armature territoriale retenue en 9 micro-régions. Ces pôles, soutenus dès lors que les actions ainsi rationalisées s’intègrent parfaitement à la politique régionale, doivent être maillés au travers d’un dispositif d’information régional et coordonnés à ce même niveau.

Les modes d'intervention

Les hypothèses d’interventions financières ci après devront justifier, outre les conditions d’éligibilité propres à chaque type d’investissement :

-des exigences d’éco compatibilité prévues par les dispositifs contractuels
-du caractère structurant de l’opération eu égard à la politique territoriale de la Collectivité et de sa cohérence avec les actions concertées au sein du pole touristique.

Ainsi les divers possibilités d’aide publique se repartissent comme suit :
- a. Les aides directes aux investissements publiques et à la structuration des pôles touristiques.
- b. Les aides directes aux investissements d’entreprises.
- c. Les avances remboursables sur les projets structurants d’entreprises.
- d. Les mesures en faveur de l’emploi (dispositif ADEC et actions collectives)
- e. L’accompagnement des politiques (ingenieurie, études)

Les organismes et dispositifs intervenant dans ces financements

L’Agence du tourisme de la Corse chef de file et guichet unique pour les porteurs de projets ressortant du secteur du tourisme : instruit, individualise et oriente en vue de la mobilisation des moyens prévus dans les dispositifs dont elle a la gestion ou en direction des partenaires ou autre établissements de la CTC mettant en œuvre d’autres dispositifs à savoir :

- L’ODARC pour ce qui concerne les projets en espace rural qui dispose au sein du FEADER de fonds mobilisables au titre de la revalorisation et de la diversification des activités en milieu rural
- La MITIC pour ce qui concerne les projets relevant des nouvelles technologies de l’information et de la communication
- L’OEC pour les investissements liés aux bonnes pratiques environnementales
- L’ADEC pour ce qui concerne les aides courantes aux entreprises de toutes natures, les aides en capital, les dispositifs de caution garantie,…
- La direction de la formation et de l’emploi pour tout ce qui concerne les dispositifs d’aides à l’emploi