La SNCM perd de nouvelles parts de marché sur la Corse

Econostrum du 9/08/10



Econostrum (photo NBDC)
Econostrum (photo NBDC)
La compagnie contrôlée par Véolia a enregistré un recul de 7,1% de la fréquentation de ses bateaux entre Corse et continent français, au cours du premier semestre 2010, avec 251 538 passagers, alors que ce segment de marché a progressé de 11% (+8% pour l’ensemble de la desserte maritime de la Corse).

C’est Corsica Ferries qui en a profité en engrangeant 17,50% de passagers supplémentaires (673 227 passagers ) ! Et le petit nouveau, l’italien MobyLines a transporté 32 785 personnes depuis son arrivée à Toulon le 1er avril 2010.

A la SNCM, on met en avant une offre réduite de 2%, une croissance de 30% sur le Maghreb et une amélioration du remplissage de ses bateaux alors que Corsica Ferries a encore accru de 20% son offre.

Cette concurrence exacerbée bénéficie particulièrement à Toulon dont le trafic a progressé de 30% au premier semestre au détriment de Marseille, port de base de la délégation de service public (DSP) attribuée à la SNCM et à la CMN.

D’où l’émoi de la CGT, syndicat majoritaire à la SNCM. « Corsica Ferries et MobyLines ne peuvent qu’avoir des parts de marché supplémentaires. Rien n’est régulé. Ils ont bénéficié de 20 M€ par an d’aide sociale au passager, ils arborent un pavillon international leur permettant d’employer des marins du monde entier avec leur réglementation et leurs bateaux ont jusqu’à 35 ans d’age », s’insurge Frédéric Alpozzo, secrétaire général des marins CGT de la SNCM.

Pour ce dernier, « l’aide sociale au passager n’est pas une compensation de service public mais une prime au dumping social !», qu’il considère comme « antagoniste avec la DSP dont elle vide l’activité ».

La compagnie qui était sortie du rouge en 2008, et avait affiché un résultat net positif de 17,7 M€ en 2009 grâce à une plus-value de cession d’un navire de 26 M€ pour un chiffre d’affaires de 196,7 M€ auxquels s’ajoutent 84,7 M€ de subventions, devrait replonger dans le rouge en 2010.

A l’Office des transports corses, on évalue cette perte à une vingtaine de M€ et on s’attend à une demande de la compagnie de ne pas aller au bout de la DSP qui expire fin 2013.
La SNCM voudrait abandonner ses deux car-ferries, le Napoléon Bonaparte et le Danielle Casanova, qui ne sont utilisés qu’en période de pointe et coûtent chers alors que les cargos mixtes sont rentables, indique-t-on de sources bien informées.

Une session particulière de la Collectivité Corse doit se réunir à la rentrée 2010 pour examiner le système d’aide au transport maritime de l’Ile.