La Corse toujours plus attractive en fréquentation en 2009

Un impact économique réparti de façon inégale selon les activités.



La Corse toujours plus attractive en fréquentation en 2009
Comparée à la France et même à ses concurrents méditerranéens, la Corse fait bien des envieux en cette année de crise et se place au niveau européen dans le peloton des 5 meilleures régions de l’Union Européenne en termes de croissance de la fréquentation.

Pour autant, les plus de 3 millions de séjours de 2009 ne semblent pas avoir permis à tous les professionnels une année toujours aussi bonne qu’en 2008.

Ce constat assez général en Europe, est explicable dans toutes les destinations comme conséquence de la crise : les dépenses moyennes sont en baisse et davantage de touristes ont rendu visite à des membres de leur famille.

Les campings, l’activité la plus saisonnière est celle qui a été le plus favorisée par la crise et les diminutions des budgets des touristes. Les taux d’occupation restent en retrait par rapport au cœur de la saison 2008 et même en avant saison. Pour autant la profession dans son ensemble juge l’année plutôt bonne.

Les hôtels, pour leur part, ont vécu une saison qu’ils estiment en retrait par rapport aux années précédentes. Des progressions en avril et juillet ne compensent pas les régressions de mai, juin voire septembre. De plus certains secteurs comme le tourisme d’affaires ou l’hôtellerie haut de gamme ont souffert de la contraction des budgets des entreprises.

C’est un peu le même phénomène qui a affecté, comme partout en Europe, les villages de vacances et les résidences de tourisme. Un début de saison considéré comme mauvais ne s’est qu’à peine bonifié au cours de l’année et certains indicateurs sont en retrait de près de 10%, ce qui fait reculer certains établissements à des chiffres de 2003 ou 2001.

La plupart des opérateurs estiment que la durée des séjours a été proche de ce qu’elle était en 2008, ce qui place le séjour moyen au-dessus de 10 jours encore.

Interrogés sur le niveau de dépense, les professionnels sont près de 60% à estimer que la dépense des touristes est en baisse, le phénomène étant plus marqué dans la clientèle française que dans la clientèle étrangère. Mais l’ampleur du phénomène est modérée et une baisse de 10% ou plus n’est jamais citée, comme c’est le cas aux Baléares ou à Malte par exemple.

Une approche territoriale un peu fine montre que les taux de fréquentation des hébergements de l’intérieur de la Corse, qui représentent moins de 10% des capacités totales, sont globalement proches de ceux du littoral en début de saison (avril, mai, juin) et ne cèdent le pas qu’avec l’arrivée massive des amoureux de la mer qui se répandent sur le littoral. Les étrangers qui fréquentent l’intérieur sont principalement originaires d’Europe du Nord, mais cet espace est le terrain privilégié de la clientèle française, qui a donc dépensé moins cette année qu’en 2008, d’où une saison estimée « moyenne » par les professionnels de l’intérieur.

Chaque région semble avoir approfondi ses forces et ses caractéristiques, comme si le maître mot de la saison 2009 avait été : capitalisation des acquis.

Ajaccio et Bastia, où les hôtels dominent, ont fait une bonne saison. Calvi attire toujours plus d’étrangers et a vécu une saison jugée bonne, à l’exception d'octobre. Ghisonaccia a souffert du faible taux d’occupation des villages de vacances et des résidences de tourisme qui pèsent lourd dans sa capacité d’accueil et a vécu une saison qualifiée de moyenne. Vico, avec une clientèle française essentiellement fait aussi une saison en demi-teinte. Enfin les deux régions du Sud, riches de leurs étrangers et de l’arrivée de nouvelles clientèles avec les low-cost sur Figari, ont globalement le sentiment d’une bonne saison.

Pour finir avec ce panorama de la perception de cette année 2009, disons que loueurs de voitures, les musées, les activités sportives, les meublés touristiques et les offices du tourismes et les syndicats d’initiatives ont tous vécus une saison au moins aussi bonne que 2008, voire pour certains d’entre eux nettement meilleure.

Une ombre persiste au tableau 2009 et une profession semble se plaindre : celle des restaurateurs qui n’a pas bénéficié de l’effet baisse de TVA, le différentiel en Corse étant trop peu incitatif. Une baisse de chiffre d’affaires est ressentie par la majorité des professionnels du secteur. Ceux qui, dans l’intérieur notamment mais pas seulement, ont opté pour des produits et une ambiance davantage typés « Corse » et authentique semblent avoir mieux résisté à la morosité.