"Le spectre de la crise économique qui avait pesé sur la fréquentation touristique des étrangers en France à l'été 2009 semble s'éloigner cette saison. C'est du moins le bilan que dresse Christian Mantei, directeur d'Atout France, Agence de développement touristique de la France. D'après lui, Britanniques et Américains, principaux absents l'année dernière, redécouvrent l'Hexagone. Paris et le Sud de la France, sans surprise, devraient le plus en profiter. Le professionnel attend août pour confirmer cette tendance.
Relaxnews : Les touristes étrangers ont boudé la France l'été dernier avec un recul de 15% des nuitées. Qu'en est-il cette année ?
Christian Mantei : Cette année, la situation économique mondiale s'améliorant, on constate un retour des étrangers. Du côté des Européens, sur les cinq premières clientèles européennes, tout se passe à ce jour comme s'ils confirmaient leur retour, et ce de façon très nette puisque les intentions de départ sont estimées en croissance de 23% en juillet et de 10% en août. Ces chiffres sont encore meilleurs s'agissant des nuitées, à hauteur de +36% en juillet et +11% en août, ce qui tend à confirmer un allongement des durées de séjours.
R. Des nationalités se démarquent-elles des autres ?
C.M. : Les Britanniques, en premier lieu, seraient à l'origine de cette hausse tant du point de vue de la mobilité vers la France que des nuitées. Néerlandais et Allemands sont aussi de retour, en juillet, et les Néerlandais auraient une tendance à allonger leurs séjours, de même que les Italiens. Pour août, on observe une stabilité dans les intentions de départ, qui sont tout de même à la hausse pour toutes les clientèles européennes observées, mais avec toutefois un léger recul des Allemands en termes de nuitées, et une stabilité des Belges, des Italiens et des Néerlandais. Il faudra attendre la fin du mois d'août pour confirmer ces tendances.
R. : La chute de l'euro face au dollar incite-t-elle les Américains à redécouvrir les charmes de notre pays ?
C.M. : Paris et la France sont toujours restées dans les destinations recherchées par les Américains.
Mais effectivement, la baisse du cours de l'euro par rapport au dollar peut encore favoriser la venue des Américains en France. Les agences de voyages ont encouragé les touristes à réserver leurs billets d'avion et leurs hébergements avant la mi-juin pour profiter des meilleures offres vers l'Europe. Les Américains sont très sensibles à un bon rapport qualité-prix et aux bonnes affaires, alors, la possibilité d'économiser sur l'hébergement devrait leur permettre d'effectuer un plus grand nombre d'achats sur place, de faire plus de shopping.
R. : Quelles régions françaises profitent davantage du retour des étrangers ?
C.M. : Il est beaucoup trop tôt pour se prononcer, il faudra attendre fin août pour savoir exactement quelles régions seront en pôle position. Paris et le Sud de la France devraient certainement profiter du retour des étrangers.
R. : Comment devrait se terminer la saison estivale par rapport à l'an dernier ? Hausse ou baisse des touristes ?
C.M. : Cette année, les touristes devraient être plus nombreux dans notre pays. L'été 2010, globalement, devrait être meilleur que l'an passé, en termes de fréquentation, tant des Français que des étrangers, avec une tendance marquée pour un retour des visiteurs étrangers. Mais comme l'an dernier, ils ont tendance à partir moins loin, moins longtemps et moins cher. En termes de dépenses, les Français font des arbitrages plus sévères que l'an passé. L'été dernier, on a pu constater que si les Français ne renonçaient pas à leurs vacances, ils regardaient plus à la dépense sur les restaurants et les loisirs. Cette année, ils opèrent des restrictions sur les vacances en elles-mêmes : la destination, la durée et le transport. Il y a donc de la part des touristes une tendance à partir moins loin, donc à privilégier la destination France, à écourter le séjour et à choisir le mode de transport le moins cher possible.
Les économies recherchées se font, notamment, sur l'hébergement pour 32% des personnes interrogées par le Credoc, soit 11% de plus qu'en 2009. L'an passé, on a pu constater une baisse de fréquentation des hôtels, en faveur de l'hôtellerie de plein air. Cette tendance devrait encore s'accentuer cette année