CO2 : l'Europe reste décidée à taxer le transport aérienveilleinfotourisme.com du 9/01/12
Pour Bruxelles, il n'est pas question de modifier le texte entré en vigueur au 1 er janvier. Hier, la Chine a réitéré son opposition à la mise en oeuvre de cette taxe.
Les compagnies espèrent faire passer en douceur les hausses sur le prix des billets La trêve des confiseurs n'aura pas apaisé les esprits dans l'aérien. La Chine aura attendu seulement quatre jours après l'entrée en vigueur de la controversée loi européenne taxant les émissions polluantes des avions dans l'espace européen pour ruer dans les brancards. « La Chine ne va pas coopérer avec l'Union européenne », a assuré hier Chai Haibo, le secrétaire général adjoint de l'association regroupant l'essentiel des compagnies aériennes nationales (Cata). La Commission européenne a aussitôt répliqué qu'il n'était pas question « de modifier la législation ou de faire marche arrière ». Ce dialogue de sourds illustre le haut degré de tension atteint sur ce dossier. « Nous sommes arrivés à un point de blocage total », regrette un acteur du secteur. Depuis plusieurs années, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l'Inde manifestent leur courroux contre la directive obligeant les compagnies aériennes ayant des vols au départ ou à destination de l'Europe à acheter une part de leurs émissions de CO2 (15 % en moyenne). Signe que le problème est pris très au sérieux, Barack Obama aurait demandé, selon plusieurs sources, à un de ses proches conseillers - Mike Froman -de s'occuper personnellement du dossier. En face, la Commission européenne n'est pas isolée. Même s'ils restent plutôt discrets, les Etats membres de l'Union européenne ont réaffirmé leur soutien à cette directive. « Nous ne voulons pas céder face aux menaces d'autres pays », souligne un diplomate de la zone euro. Certains font valoir qu'il y a des raisons moins avouables à ce soutien : les sommes dégagées par la vente de quotas de CO2 (300 millions dans un premier temps selon Bruxelles, plusieurs centaines de millions selon les compagnies) iront directement dans les caisses des Etats concernés. Pas négligeable en période de disette budgétaire... Un système alternatif Si elle affiche sa détermination, l'Europe veut croire qu'elle peut encore sortir de cette impasse diplomatique. Les compagnies ne devront payer la facture pour leurs émissions de CO2 qu'en avril 2013. « Cela laisse du temps, d'autant que la directive offre un peu de souplesse », estime un diplomate français. Des exemptions peuvent en effet être accordées aux vols entrant dans l'Union européenne si des « mesures équivalentes » pour la réduction de l'empreinte carbone du transport aérien sont prises. Mais qu'est-ce qu'une mesure équivalente ? « Cela fait trois ans que la Commission en parle mais elle ne l'a jamais définie », persifle un expert du secteur. Face à cet imbroglio, la solution paraît ne devoir sortir que de l'enceinte de l'Organisation de l'aviation civile internationale (Oaci). Celle-ci a été chargée de réfléchir à un système alternatif sur les émissions de CO2 |
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